La Perception du Réel

La perception est une notion très importante pour l’étude et compréhension de nombreux phénomènes du quotidien. À travers le temps et les années, de nombreux philosophes et grands penseurs se sont penchés sur cette notion omniprésente chez l’être humain. Aujourd’hui encore, nombreux sont ceux qui continuent d’essayer de percer le mystère de cette notion intéressante et essentielle à notre vie, cette étude fait ainsi appel à plusieurs disciplines scientifiques. La manière dont nous ressentons notre environnement est le sujet d’étude très intéressante qui met en exergue nos sens, mais pas seulement. En effet, force est de relever la perception de la réalité peut connaître des divergences ou des troubles en fonction de certaines situations. Il existe donc des facteurs qui peuvent influencer de manière notoire notre perception du réel.

La perception : définition et présentation

La perception est une notion qui peut être définie comme l’activité par laquelle une personne fait l’expérience d’objets ou de propriétés présentes dans son environnement. Il s’agit donc du mécanisme par lequel l’on peut sentir ou ressentir l’interaction entre l’environnement et soi-même. Il est clair qu’on ne peut exclure les sensations dans ce processus de perception, à partir de ce moment les différents sens que nous possédons sont mis à contribution. Nous utilisons de manière consciente ou inconsciente cinq sens différents pour percevoir :
-    La vue
-    Le toucher
-    L’odorat
-    Le gout
-    L’ouïe

Il est clair qu’on observe aussi que la perception est fortement liée ou alors influencée par les mécanismes de cognition. En intégrant ce facteur, la perception se présente différemment, elle peut ainsi désigner :

•    Le processus par lequel le recueil et le traitement de l’information sensorielle ou sensible se manifestent ou alors la prise de conscience qui résulte du recueil et du traitement sensoriel ou sensible.

Lorsqu’il s’agit d’une situation, la perception fait appel à divers éléments à la fois, dans ce cas il fait tant appel aux sens physiologiques cités plus haut qu’à la capacité cognitive doublée d’un niveau élémentaire ou conscient.

Perception de la réalité d’une situation

Quelle soit simple ou complexe, la perception de la réalité est un mécanisme qui fait appel à processus de collecte et d’analyse bien déterminé. La réalité est par conséquent une notion très difficile à définir avec exactitude compte tenu du fait que chacun l’analyse à sa manière. De nombreuses divergences d’opinions ou de visions peuvent ainsi apparaitre face à un même fait, en fait chacun le vit à sa manière et c’est là toute la difficulté. Les facteurs qui influencent la perception étant propre à chaque individu, cela rend pratiquement impossible la définition précise du réel ou de ce qui est réel.

De plus, il s’avère que même la complexité d’une situation n’est opposable à tout le monde, en effet, une situation donnée peut très bien être perçue comme étant complexe par un individu, mais pas par un autre. On peut donc dire que tout dépend avant tout de la personnalité ou mieux de la nature de l’individu qui en fonction de ces caractéristiques psychologiques analysera et donc percevra une situation à sa manière. On peut donc dénombrer un grand nombre de facteurs internes et/ou externes qui influencent de manière importante la perception de la réalité si tant est qu’on puisse parler de réalité.

Les facteurs qui influencent notre perception du réel

Les filtres de la perception sont omniprésents dans la vie de chacun d’entre nous, comme nous l’avons expliqué plus haut, ça fait partie de nous. Il existe donc des facteurs intrinsèques qui influencent notre ressenti de la réalité, l’état psychologique de la personne est le facteur clé que nous avons retenu. En effet, il résume l’état mental général de l’individu et détermine ainsi la manière donc il analyse de manière globale les situations auxquelles il fait face. Il détermine ainsi la façon donc l’individu voit la vie et son humeur générale (est-il objectif ou alors pessimiste de nature ?), il y a aussi l’âge qui influe sur sa perception de la réalité.
Pour ce qui est des facteurs extrinsèques, ils sont assez nombreux, d’ailleurs on en fait l’expérience quasiment tous les jours. On peut ainsi citer :

•    Le bruit
•    L’état général du corps (fatigue)
•    L’état de santé
•    La luminosité
•    Le niveau de stress

En plus de ces facteurs, il en existe également d’autres que les professionnels qualifient de « biais cognitifs ». Il s’agit des facteurs externes qu’on acquiert la plupart du temps avec le temps, on peut citer :

-    Les croyances ;
-    L’éducation ;
-    La pensée ;
-    L’ignorance, etc.

Au-delà du fait qu’elle soit propre à chacun, la perception du réel se modifie à chaque instant.

L’influence de notre état d’esprit sur notre perception de réalité

L’état d’esprit peut être défini comme la mentalité qui est la vôtre, il s’agit donc de votre façon d’être, de voir la vie, normal qu’elle ait une influence sur vous.« Je suis, car je pense » disait un célèbre philosophe, vous êtes ce que vous pensez ou si vous voulez, vos pensées influencent votre vision de la vie.

Souvenez-vous, nous l’avons cité comme un facteur influençant la perception que l’on a de réalité. Votre état d’esprit est forgé par vos croyances, guidé par vos connaissances et façonné par vos expériences de la vie.

Lorsqu’on regarde de près,ce sont ces éléments qui fondent la pensée et oriente ainsi notre perception d’une situation. L’analyse d’un fait est alors balisée des critères préalablement définis par votre mental ce qui permet d’orienter votre jugement. Cela est d’autant plus visible que les actions que vous mènerez seront différentes de ceux des autres. Ainsi, l’échec d’un examen peut être perçu comme une fatalité pour certain, mais au contraire comme un challenge avenir pour vous vous donnant ainsi une motivation supplémentaire. Ce petit exemple montre à suffisance à quel point votre état d’esprit vous prédispose à percevoir la réalité et donc à agir différemment des autres.

L’influence de nos émotions lorsque celles-ci sont vives et perturbent notre champ de perception

L’émotion peut être définie comme le sentiment qui nous anime à moment précis, il peut donc très bien influencer notre perception de la réalité. Nous savons d’ailleurs depuis peu que cette perception fluctue à chaque instant.C’est ce que démontre la corrélation entre l’émotion et l’analyse que vous faites d’une situation. Prenons un exemple, lorsque vous êtes pressé par le temps vous avez du mal à rédiger un devoir sans faire de fautes, même s’il s’agit simplement de recopier un simple texte. 

L’émotion engendrée par le stress vous fait commettre des erreurs sans que vous ne le vouliez, mais surtout sans que vous ne vous en rendiez compte. Votre perception de réalité est donc altérée par le stress que provoque le retard et l’envie de le rattraper vous fait commettre des erreurs. Dans le même temps lorsque vous êtes très content, il vous arrive de serrer votre plus grand ennemi dans vos bras sans même vous en rendre compte. La situation émotionnelle qui est la vôtre à un instant donné influence donc de manière effective donc vous percevez la situation qui se présente à vous à ce moment précis.

L’influence de nos croyances ancrées par notre éducation 

Nos croyances sont également très importantes dans le processus de construction mentale qui fait de nous l’être que nous sommes. L’ensemble de ceux à quoi nous croyons fermement est construit, orienté et consolidé par notre éducation. Quand on parle d’éducation il s’agit ici de la manière donc on nous a appris à nous comporter, il ne s’agit pas seulement de lire et d’écrire (instruction). De façon triviale, on peut très aisément observer que la perception est influencée par la croyance ancrée par l’éducation. On voit très bien que le comportement de certains individus peut permettre d’identifier leur manière de penser.

Par exemple, la fornication (coucher avec une femme ou homme avant le mariage) est considérée comme un acte répréhensible par le religieux, il est tout à fait normal pour les personnes non religieuses. Pour eux, faire l’amour est un acte sacré qui doit être encadré et n’est approuvé dans le cadre d’un mariage religieux alors que pour d’autres, il s’agit d’un besoin naturel à satisfaire. La croyance implique donc un état d’esprit précis, une façon de penser précise et donc une manière de percevoir les situations différentes des autres. Cela est observable dans quasiment toutes sociétés actuelles, c’est d’ailleurs dans bon nombre d’entre elles un critère d’appartenance importante.

La perception de la réalité selon l’âge

La perception de la réalité est influencée par l’âge, il est clair que suivant le cycle de la vie, on conçoit, analyse et réagit différemment aux faits. Entre 5 et 7 ans, la façon donc il perçoit la réalité est vraiment différente de celui d’un enfant d’âge plus élevé. On peut constater qu’il reste la plupart du temps très influencé par son entourage (parent, amis, frères et sœurs ainés, etc.) qu’il essaye beaucoup d’imiter. Cependant, à cet âge, il ne prend pas encore vraiment conscience de certaines choses, ainsi, il peut se balader où bon lui semble en caleçon et parfois manger tout ce qui lui tombe sur la main. 

Entre 7 et 9 ans, c’est un autre comportement, bien qu’il reste sous l’influence de son environnement, il commence peu à peu à s’affirmer (couleur préférer, prise de conscience du genre auquel il appartient, etc.). Entre 10 et 12 ans sa perception du réel évolue quelque peu, chez la fille on observe les premiers signes de féminité tandis que chez l’homme la croissance s’accentue. Entre 13 et 16 ans,on est de plein pied dans la phase d’adolescence et l’enfant s’affirme de plus en plus sans compter que chez l’homme la puberté va complètement bouleverser sa personnalité et ainsi influencer sa perception de la réalité. Entre 17 et 21 l’enfant devient adulte et donc plus mature, cette maturité durera le restant de sa vie.

Les différents modes de perception 

La notion de perception, bien que toujours d’actualité est un sujet d’étude de très longtemps, en effet, dans l’antiquité déjà, Aristote développa des réflexions sur ce sujet. Au moyen âge, ce fut le tour de Saint Thomas d’Aquin, il reprit ainsi les réflexions d’Aristote pour élaborer une théorie sur les facultés aboutissant à la notion de sens commun. Selon ces conclusions les sens communs font partie des quatre facultés avec l’estimative, la mémoire et l’imagination. C’est bien après lui que le célèbre Baruch Spinoza (1661-1667) dans le traité de la réforme de l’entendement mène une excellente réflexion donc les expériences l’emmènent à distinguer quatre modes de perception.

Le premier mode de perception est la perception par les sens qui selon lui est personnel à un individu comme l’est aussi le second mode qui n’est autre que la perception par l’expérience. Cette dernière toujours selon ces conclusions est un mécanisme qui mène à un processus empirique qui fait d’ailleurs de nos jours appel à des méthodes expérimentales bien plus sophistiquées. En troisième position, il distingue la perception par le raisonnement déductif qui selon lui découle des implications collectives, l’intelligence de l’individu nécessitant une interaction avec les autres pour faire fasse de structurée à une situation. Il émet la même analyse pour le dernier mode la perception par l’intuition.

L’amélioration de la perception de la réalité

Il faut dire que la perception de la réalité est le fruit d’une construction mentale, l’illusion devient donc un outil au service de la perception. Et d’après Paul Watzlawick, penser qu’il n’existe qu’une réalité serait la pire des illusions. Si cela peut trouver un écho favorable auprès de nombreuses personnes,cette idée a tout de même une certaine limite qu’il convient de relever afin d’améliorer la perception que l’on a de la réalité. Il serait judicieux de prendre en compte la perception des autres afin de limiter les risques d’erreurs.

Croiser les sources d’informations est donc un bon moyen d’avoir plus de clarté dans l’analyse d’une situation donnée. Il faut également prendre en compte les différentes interprétations de ces sources afin d’avoir une vue d’ensemble de la situation et ainsi d’avoir une meilleure perception de la réalité. En effet, les situations perçues comme étant complexes demandent un niveau d’attention plus élevé et donc font appel à un mécanisme d’analyse plus élaboré bien qu’il puisse être altéré par des facteurs comme la cécité au changement ou la cécité d’inattention.